Top 5 des albums en boucle ce mois-ci.

Une fois n’est pas coutume, lecteurs sporadiques et adorés, dérivons de nos perégrénations bisseuses et/ou masturbatoires habituelles et collons un coup de batte dans la lentille de notre platine CD, abandonnée depuis longue paye au profit du monstre Deezer piaillant dans les enceintes bon marché de votre ordi portable. Mon boulot de chargé de clientèle au sein de la machine à fric dont je tairais le nom (mais pas les initiales : F.N.A.C) me laisse bonne marge de loisirs musicaux, l’écouteur dans l’oreille gauche, le client venère dans la droite, dont je vous fait part aujourd’hui dans un résumé des cinq albums, récents ou poussiéreux, à flanquer d’office dans votre lecteur.

N°5 : Fantômas : The Director’s Cut. (2001)

Le toujours trés prolifique Mike Patton dézingue, au sein de Fantômas, quelques un des thèmes de films ayant marqué Hollywood au fil des années. Un paquet de scores cultes passent à la moulinette, du Parrain à Rosemary’s Baby en passant par The Omen et La Nuit Du Chasseur, on zigue-zague allègrement entre l’expérimental minimaliste d’un Slow Six et la noise analogique de Naked City. Un hommage brouillon et sincère, fidèle à son instigateur mais qui reste un album trés accessible pour ceux à qui les noms Tomahawk et Mr.Bungle n’évoqueraient encore rien. (http://www.deezer.com/#music/album/8277)

N°2 : …And You Will Know Us By The Trail Of Dead : Source Tags and Codes (2002)

Bien qu’une quinzième écoute de l’album phare de …Trail of Dead soit à mon sens nécessaire pour prendre entièrement la mesure (dans la tronche) de ce monument d’équilibre et de rage contenue, la première impression peut laisser une impression de déja-entendu. La réaction la plus fréquente des badauds à qui j’ai pu conseiller l’album se cantonnant à “c’est quoi ce groupe d’émos post pubères”. Je vous invite à laisser hêler la meute et à vous pencher sur Source, Tags and Codes, album qui ne cogne jamais ou on l’attend, c’est à dire quelque part entre punk-rock et post-hardcore. Onze morceaux parfaitement échafaudés, fignolés à l’extrême, maniant l’art de la rage et de la manière de la sortir. Micros de guitares étouffés, tomes et cymbales réfrénés, basses lourdes et voix lancinante se relayant lors d’acmés épiques mais étouffants. A apprécier le soir, sans rien faire d’autre. (http://www.deezer.com/#music/album/245434)

N°3 : The Nightshade Family : Helping Hands

Trouvaille Myspace, The Nightshade Family nous sert un “Denver Sound” (mélange de Cold-Folk et de Bluegrass) éraillé a grands renforts de pianos plaintifs et de Banjos lents pour un résultat pas forcément aussi fin qu’un Woven Hand  mais simple et fluide, affichant volontiers ses penchants Cold Wave poisseux pour les mêler à une country mélancolique de fin de soirée dans un rade du Kentucky. (http://www.myspace.com/thenightshadefamily)

N°2 : Bloodhound Gang : Hooray for Boobies. (1994)

Bon, celui là tourne dans le walkman/platine/iTunes depuis une bonne année, ressortir les diamants bruts de la mare de boue est toujours jouissif. Parmi la foule des autres groupes punk-rocks potaches ayant frayé leur chemin jusqu’en Europe (Blink 182, Sum 41), Bloodhound Gang, ne jouissant d’une véritable notorieté qu’aux US, est de loin le plus jouissif. Riffs agressifs, clips outranciers, textes totalement fendards (”Ballad of Chasey Lain”, lettre d’amour à une actrice porno), Skits dégueulasses (”Diarrhea runs the family”, “A Lap Dance Is So Much Better When The Stripper Is Crying”) et les refrains les plus accrocheurs de la decennie dont seul “The Bad Touch” est parvenu jusque nos vertes contrées. A se farcir absolument avant, vous aussi, de chanter à voix haute dans le métro que vous crevez d’envie de bouffer le cul de Chasey Lain. (http://www.deezer.com/#music/album/126444)

N°1 : Giant Sand : Glum (1994)

Dans mon Top 5 depuis et pour un bon moment, l’album de 1994 de Giant Sand est de loin, le plus abouti de groupe. Avant de se lancer dans l’Americana réchauffée, la bande d’Howe Gelb nous pondait ces 11 titres folk-noise durs comme la roche. Entamant ses morceaux par des gimmicks d’arpèges lourds réverbérés et se perdant dans des envolées dronesques (”Happenstance”, “Glum”) ou torturant à la sauce mineure les archétypes de la bonne vieille balade country (”Yer Ropes”) la constante de Glum reste toujours de massacrer les canons de l’Americana duquel il se revendique pour en tirer un résultat rugueux et desespéré. Le silence suivant Glum est angoissant et poisseux, le reste de la carrière de Giant Sand est conformiste. Et poisseuse. (http://www.youtube.com/watch?v=UIHkQxfWBVc)

mai 10th, 2009 Non classé 0 Comment

Branlette intellectuelle et masturbation physique au cinéma.

De mon point de vue, il est un sujet/acte dont il est impossible de faire un sujet de reflexion ou d’analyse, qu’elle soit littéraire ou cinématographique, pour la simple et bonne raison que cet acte n’est ni intelligiblement exprimable, ni quantifiable ni analysable, je parle bien sûr du sexe, le cul, le coït, le désir, la baise.

Mettre du cul inutile dans vos films donne l’air con

Le sexe est un acte spontané, instinctif, physique et en aucun cas réfléchi ou réfléxif. C’est le niveau zéro sur les echelles de tous les comportementalistes dotés d’un neurone. Il s’avère donc que je tique sévère lorsqu’un branleur intellectuel se pointe sur le devant de la scène, prétendant décortiquer le mécanisme du désir, nous expliquer ce qu’est l’amour ou nous mettre en scène le plaisir comme le dernier sac à main à la mode. Notons d’ailleurs la qualité des films dont les réalisateurs en ont fait leur sujet principal :

Irreversible de Gaspard Noé : chiant, mal branlé, choque Mamie, certes,

Ken Park de Larry Clark : chiant, ressemble à tous ses autres films, la bite à l’air en plus

9 Songs de ?  : montage de concerts de groupes de rock anglais merdiques collés à des scènes de cul “arty”

Baise Moi de Despentes et Trinh Thi : Gros Z mal filmé, mal joué, mal monté, mal raconté mais… du cul craspec. Yayy

Bref, toujours de mon point de vue, il est difficile sinon impossible de faire concorder le sexe avec toute autre forme de sujet nécessitant une réflexion et une attention portée au sujet pour la simple et bonne raison que le cul accapare complètement nos capacités de raisonnement, occultant tout le reste et rendant sa présence obsolète dans un film, un livre ou une bande dessinée. Le sexe se vit (wow) et ne se raconte certainement pas et dans 99% des cas, n’apporte strictement rien à une histoire. Pendant des années, la présence d’érotisme dans des films non X se cantonnait à trois plans-nichons dans un bis histoire de vendre le film sur la quatrième de jaquette, mais notre époque de renouveau philosophique à deux balles, se devant de théoriser sur tout ce qui lui tombe sur la main nous vend le sexe comme un accessoire qu’il va te rendre beau et intelligent. Magazines pour gamines post pubères te racontant comment réussir ta première sodomie, films -18 catégorisés “intellectuels” (Restricted, Baise Moi, Ken Park etc…) et j’en passe, faisant complexer des générations entières sur leur manière de baiser, réduisant le désir à l’état de donnée mesurable et théorisable et dégradant l’amour à un niveau 100 étages en dessous de la pornographie, la vraie, la pure, la saine.

Donc à l’avenir, pognez vous littéralement, la masturbation de cerveau causant de la connerie irreversible.

The Wrestler : Twist of fate dans la tronche d’Aronofsky, quelqu’un.

C’est en tirant à mort sur la corde de compassion des spectateurs envers les acteurs qui reviennent de loin que Darren “Requiem for a cliché” Aronofsky s’est attribué l’ex-géant Mickey Rourke pour le biopic-mais-pas-vraiment “The Wrestler”. Ramassis de bon sentiments s’empilant les uns sur les autres sans jamais percuté, le film est un vague ressassé de Rocky Balboa qui fut, lui, un vrai film de retour, écrit par le principal concerné, Stallone, étalant ses tripes sur la table et fermant la gueule aux critiques élitistes de tout bord lui ayant déféqué dessus durant tant d’années. Rien d’aussi puissant et subtil dans The Wrestler, affichant de prime abord l’incapacité d’Aronofsky de pondre un plan correct sans coller de l’Ultra-cut à chaque minute, le film est tourné quasi-intégralement en gros plan avec quelques action-zooms totalement dégueulasse ça et là, nous faisant gober une boite d’Advil au bout des trente premières minutes.

Le film, si besoin de résumer il y a, traite de l’envie de come back d’une ancienne légende du Catch, Randy “The Ram” Robinson, issu de la génération “Wrestling Tragedy” de ces catcheurs des années 80 n’ayant pas survécu au changement de décénnie et cantonnés au séances de dédicaces dans les MJC de l’anus des Etats Unis. Il apparaît clair, au bout de quelques minutes de film, que Rourke est outrancièrement défiguré par les maquilleurs, histoire de faire chialer. Le botox fige la moindre de ses expressions, renvoyant l’ex-plus-grand-acteur-du-monde au statut de piquet aussi convaincant qu’une huître hémiplégique. Nous suivons le piquet dans sa vie quotidienne faite de clichés sur la vie des “White Trash” des banlieues urbaines américaines, parc de caravanes, club de Strip-Tease, droit de garde du gamin etc… Jamais le personnage/acteur ne touche ou ne convainc, tant il est évident que l’auteur de sa propre métaphore n’est pas lui-même mais un scénariste exécutif borné, faisant jouer les émotions les plus primitives et usant jusqu’a l’os la carte de l’empathie grosse comme une maison.

Le noir tableau de la mediocrité de The  Wrestler est encore obscurci par la tentative de réconciliation de Randy avec sa fille “qu’il délaissa pendant des années au profit de sa passion pour son sport, sa discipline, sa carrière, sa vie et bla et bla et bla.” Les scènes de déchirement et de réconciliation s’enchaînent à intervalles de cinq minutes nous donnant juste envie de nous en foutre royalement et d’attendre la prochaine scène de Catch sans grand espoir, ces dernières, filmées avec les pieds, ne rattrapant absolument rien.

The Wrestler échoue donc là ou Rocky Balboa excellait, le talent d’auteur, le ressenti de l’écriture et du vécu, ce qu’un bouffon clipesque tel qu’Aronofsky n’a manifestement pas été capable de comprendre. De mon coté, je retourne regarde Smackdown, du catch avec un vrai scénario

Dr.Julian

Watchmen : Quis custodiet ipsos Snyder

« At Last » Ce mois de Mars aura vu le reveil chronique de votre serviteur la sortie mondiale et douloureuse de l’œuvre la plus inadaptable de tous les temps, après Dragon Ball, (dont l’adaptation sort dans deux semaines, rapprochant un peu plus de minuit l’aiguille de la Doomsday Clock.). Nous parlons evidemment içi de Watchmen, comic book (ou Graphic Novel pour les bobos) culte du géant barbu Alan Moore, dont les œuvres adaptées furent jusqu’ici au mieux, moyennes (V pour Vendetta) et au pire, complètement Z (La Ligue des Gentlemen Extraordinaires.)

Donc, Watchmen est-il la catastrophe attendue par des milliers de fanboys hargneux, est-il une adaptation fidèle ? Avant de répondre, je m’attarderais en premier lieu sur le, statut de la BD originale, en insistant 3 fois sur son caractère INADAPTABLE , car au dela d’une réflexion intense et nébuleuse sur des thèmes tels l’Apocalypse, le sacrifice ou le manichéisme, Watchmen est surtout une analyse sous forme de mise en abyme du genre même du comic book, chaque case étant maitrisée à la perfection, tant dans la composition du cadre que dans le rapport organique qu’entretiennent le texte et l’image. Construisant certains chapitres sous forme de palindromes ou d’échos, introduisant un comic book dans le comic book (l’histoire du pirate de The Black Freighter) autant de démarches visant à créer une symbiose totale entre le texte et l’image.

L’adaptation du machin se révélant, de fait, hautement casse gueule, les réalisateurs envisagés se succédèrent à la barre avant d’abandonner les uns après les autres, découragés par un projet d’une telle envergure. Le projet fut repris par la tête brulée Zack Snyder, réal fanboy responsable des très « pizzas-bière » l’Armée des Morts et 300. Dés lors, quiconque ayant préalablement lu la BD ne pouvait franchement s’attendre à quelque chose de folichon.

Rappel succint du plot pour les retardataires : 1985. Une Amérique uchronique, en pleine acmé de la Guerre Froide est au bord de la troisième guerre mondiale, suite à la victoire des Etats Unis au Viet Nam et à la troisième réelection de Nixon rendue possible grâce aux pouvoirs illimités du « Dr Manhattan », l’homme atomique omnipotent. Autour du Dr.Manhattan, se regroupent les Watchmen, milice de héros masqués quoique dénués de pouvoirs qui tentent de maintenir l’ordre au sein d’une societé au bord de la destruction. L’enquête de l’énigmatique Rorschach sur l’assassinat du Comédien, vétéran du Viet Nam sadique définira son rôle de fil conducteur d’une conspiration mondiale dont les tenants & aboutissants seront représentés par Snyder avec un manichéisme en opposition avec l’ambiguité subtile employée par Moore dans son oeuvre originale.

Néanmoins, les premiers trailers laissaient présager, il y a quelques mois déjà, un univers graphique fidèle et des personnages chiadés. Sur ce point, le sieur Snyder peut se trouver félicité. Dés les premières images, la transposition à l’écran du costume du Night Owl ou de Rorschach nous font péter la machoire sur le sol. Les costumes sont démentiels, l’intérprétation de la majeure partie des personnages détonne littéralement et les décors respectent à la case prés l’univers du comic book.

Mais là ou le film ne pouvait que se vautrer, c’était davantage dans le fond que dans la forme. Le script de Snyder est tantôt trop fidèle, tantôt pas suffisamment. Tout au long des 2h45 du film, on ne peut se défaire de l’impression que le réal a tenté de caser tout ce qu’il pouvait dans le temps qui lui était imparti, rendant son film épileptique, ne s’attardant jamais assez sur un aspect crucial de l’histoire pour s’épancher ensuite sur un détail négligeable. On en tiendra cependant pas grief au bonhomme, la durée nécéssaire à une adaptation convenable de Watchmen avoisineraient les 10 heures au bas mot.

Et sérieusement, franchement, honnêtement Mr Snyder, on sent que tu souhaites te faire confier des tas de licences de comics bandantes par tes producteurs, tu es honnête, tu connais ta matière, mais ARRETE avec tes tâches d’huile numériques, tes slow-mo à la con, tes CGI baveux, mal branlés et inutiles, parce que dans le genre balle dans le pied de ta credibilité naissante, tu ne peux pas faire mieux. Tu n’es pas Nolan, pas la peine de te viander dans ce genre de bling bling cinématographique par dépit, ça et tes soundtracks, carre-toi ton métal-indus où je pense c’est superflu, laid.

Malgré ses artifices pénibles, Watchmen est un film fidèle, irrémédiablement raté, mais sincère et réfléchi. N’importe qui se serait vautré, on n’en voudra donc pas trop au jeune Snyder qui ne commence pas sa carrière par les morceaux les plus aisés. On retiendra cependant la performance tout simplement hallucinante de Jackie Earl Haley dans le rôle de Rorschach, totalement possédé par son modèle, pour un des héros les plus charismatiques des œuvres d’Alan Moore, on espérait pas mieux.

Pour ne pas s’épancher plus, on adorerait aimer Watchmen de Zack Snyder, mais ses ellipses, ses CGI, ses déviations de scénario discutables et son ambition démesurée en font une œuvre maudite. Reste à attendre le Director’s Cut sans trop en espérer.

Dr.Julian

Memories of Murder. Nuit froide et poisseuse

Il est de ces films qui prennent leur temps avant de vous montrer où ils vous emmenent, mais lorsqu’ils se décide, ils vous chopent par la nuque avant de vous rouer de directs du gauche dans le ventre. Memories of Murder fait partie de cette rare espèce de polars dont le ton pouvant paraître trivial au premier abord, sert constamment une logique profonde et auto-destructrice d’humanité de ses personnages dans un univers et un genre ne leur donnant pas droit à l’erreur.

Inspiré d’un histoire vraie, 4 officiers de police dans la province de Gyunngi (Corée) des années 80 traquent le premier serial-killer de l’histoire du pays. Rapidement désemparé devant ce cas inconnu de la police de ces campagnes paisibles. Le serial killer relevant du fantasme des grandes villes, un inspecteur est depeché de Séoul, d’abord symbole de la condescendance de la capitale vis à vis de ses provinces, il deviendra rapidement aussi démuni que ses collègues ruraux.

Comme souvent dans le genre ultra-codé du polar asiatique, Bong-Joon Ho associe rapidement son tueur à une série de symboles qui transcenderont vite leur statut de gimmicks pour devenir purement et simplement le cadre du film. Le tueur ne s’attaquant qu’aux jeunes filles vétues de rouge, les soirs de pluie lorsqu’une chanson d’amour précise passe sur les ondes. Tout filtre polarisant dehors, Bong Joon Ho fait tomber une pluie moite et poisseuse sur ses inspecteurs qui n’en seront à l’abri que dans leurs quartiers généraux lors d’interrogatoires vains et d’enquêtes au point mort, tentant de faire sortir des aveux a grands coups de tatane dans le moindre gamin se trouvant au mauvais endroit lors de scènes absurdes et carrément drôles.

Le ton est souvent decalé, parfois absurde mais toujours fataliste, au fur et a mesure que la police épuise toutes les méthodes, jusqu’aux plus improbables, sans jamais arriver à rien. Etude de la pilosité pubienne des hommes du village, chamanisme, reconstitutions virant au burlesque etc. Avec le ton léger de la première heure du film, Bong Joon Ho emmène le spectateur exactement là où il le souhaite afin de le dérouiller à coups de latte dans les bois à la nuit tombée, dressant de fausses pistes, dépeignant des echecs annoncés orchestrant des enlèvement de jeunes filles éprouvants toujours dans la même nuit moite qui caractérisait le Angel Heart d’Alan Parker dans un autre registre.

Avec une puissance de narration maitrisée au cordeau et des plans fortement évocateurs sans jamais tomber dans le symbolisme pour analyste a deux balles, Memories Of Murder suivra son fil conducteur inéluctablement parsemé de cadavres jusqu’a son dénouement incroyablement poignant lorsque les policiers, forcés de demander l’aide des Etats Unis se retrouvent aussi démunis que dans les premières minutes du film.

Puissant, drôle, tragique, évocateur. Mémories of Murder est un énorme front kick sorti du brouillard.

Post pas super inspiré, mais se remettre a la chronique aprés deux mois, ca demande quelques tours de manivelle. Quoi. Merde

décembre 16th, 2008 Non classé 1 Comment

[Les cours du soir de Dr.Julian] La dénaturalisation de la figure du mal dans le cinéma de genre

La représentation de la figure du mal est la clé de voûte de tout un pan du cinéma de genre. C’est cette même figure du mal qui est l’instrument engendrant les problématiques les plus fondamentales de ce cinéma, le “méchant” du film de genre se doit d’incarner le devellopement ET l’aboutissement d’une refléxion donnée. Et c’est en vidant la figure du mal de sa substance, au fil des années, qu’Hollywood a contribué a déposseder le cinéma de genre de sa fonction première : la transgression au service d’une reflexion mûre et différente.

Depuis ses origines, le films emblématiques du cinéma de genre se sont appliqués a créer des figures du mal emblématiques et charismatiques. Souvent produits de leur époque et de sa conjoncture politique, ou, empruntant a telle ou telle mythologie, ils pouvaient être des miroirs de leur societé a travers le prisme d’une vision d’un sujet donné correspondant a une époque différente.

Les représentations du mal les plus marquantes, sont bien evidemment celles, pensées pour incarner le “Mal” a l’état pur, sans motivation connue du commun des mortels, dénuée de toute idée de vengeance, les figures se rapprochant le plus du Mal absolu étaient un formidable instrument pour analyser le sujet proposé, les personnages se remettant souvent en question quant a leur rapport a cette notion de mal total.

Il est bien sur, de ces films sombrant dans un manichéisme total, n’attribuant au méchant que le seul rôle de se faire pourrir la gueule par les gentils, schéma qui alimenta un grand nombre de polars américains des années 80 qui rompirent ainsi avec la tradition de personnages complexes des films noirs et des polars hollywoodiens des années 40. Mais la raison pour laquelle nous cognons sur Hollywood aujourd’hui n’est pas celle la, mais bien la machine de dénaturalisation du mal dans le cinéma de genre.

Le Hollywood de nos jours attribue donc aux figures les plus cultes du cinéma de genre, des raisons et des pretextes à leur folie meurtrières à grands coups de remakes, de spin-offs et de suite à n’en plus finir. Abaissant Hannibal Lecter, Leatherface ou autres Jason Voorhes au rang de pauvres victimes du destin que le spectateur fini par prendre en pitié. Hannibal Lecter étant le parfait exemple de cette dénaturalisation avec le récent “Hannibal Rising” dans lequel, l’opportuniste Thomas Harris nous apprenait que la folie cannibale de Lecter est née en lui aprés qu’il ait vu sa petite soeur devorée par des soldats Waffen SS.

Au dela de ce pitch totalement lamentable et supposé horrifique se cache une volonté totalement bien-pensante, délaissant ce qui faisait sa force subversive au profit d’une démarche démagogue. Car la responsabilité des meurtres de Lecter est alors attribuée aux nazis, qui représentent la principale image du mal à l’état pur que le monde réel ait connue. Le societé des années 2000 ne souhaite plus être confronté à une entité qui serait l’antithèse des valeurs d’une societé judéo-chretienne et qui cristalliserait les peurs humaines les plus viscérales : cannibalisme, mort, meurtre sont désormais flanqués sur le dos de l’ennemi commun de l’humanité, Hitler. Est-ce pour se donner bonne conscience, est-ce pour se persuader que la societé d’aujourd’hui est sortie de l’âge de la barbarie?

Toujours est-il que le public fut satisfait de cette “explication” de la démence d’un des plus grands serial-killers de l’histoire du cinéma lorsque le cinéma de genre de l’époque du “Silence des Agneaux” comprenait l’importance du non-dit, principe fondamental du mécanisme de la peur, totalement oublié à notre époque faite de snuffs movies plus explicites les uns que les autres (Saw, Hostel, Martyrs) qui en balancent le plus possible au visage du spectateur pour lui faire oublier que la notion de mal pur à jadis existé.

Donc, aprés Leatherface trouvant une tronçonneuse par terre (Massacre à la tronçonneuse : Au commencement), Jason Voorhes remplaçant frustré d’une équipe de Hockey texane? (Vendredi 13 : Remake de Marcus Niespel, sortie bientôt)

Dr.Julian

novembre 13th, 2008 Non classé 1 Comment

Anti Zeitgeist : Ralentissements

Etudiants, Etudiantes, branleurs, branleuses et autres pléonasmes en tous genres, je m’excuse au plus bas du ralentissement de publication d’Anti Zeitgeist. Mais il est vrai que l’immonde et vénal individu que je suis ne peut résister aux avantages DVDesques que lui procure son emploi de chargé de clientèle pour la Fnac (-25% en permanence, bitches) et au doux confort de dix heures de sommeil hebdomadaires en amphithéâtre . Additionnez, voila, ca nous fait 45 heures. Reuh. Certain que vous ne m’en tiendrez pas rigueur, profitons en pour faire le tour des sorties et redécouvertes foutraques du moment.

-EDEN LAKE- Survival apparemment bien costaud, petit film de genre britannique entré en France par la porte de derrière. Je vous tiens au courant dés que j’en sors

-Sortie DVD de NO COUNTRY FOR OLD MEN- Ne faites pas comme moi, ne claquez pas 20€ dans l’édition DVD la plus honteuse de l’année, sortie n’importe comment par ces motherfuckers avides de chez Miramax. Aucun bonus, édition moche, master médiocre, bref LA HONTE pour un mastodonte de ce gabarit.

-Sortie de DEADSPACE et GEARS OF WAR 2 sur XBOX 360- Deux des titres les plus attendus de cette fin d’année sur la bobox. Deadspace : Survival Horror dans l’espace aux premières images excellentes, dans la veine d’Event Horizon et la suite du monstrueux Gears Of War dont je signale au passage la sortie du premier numéro de son adaptation en Comic-Book

-Et coté Comics : Premier TPB de SIMON DARK, suite et fin de BATMAN RIP, Constantine Hellblazer : HIGHWATER d’Azzarello, décevant.

Et en bref, dans la série des films dont j’ai pas vu la fin : La Loi Et L’Ordre et mon apparition en tant que figurant zombie dans le film de Yannick Dahan “La Horde“. Tournage fin Octobre

Anti Zeitgeist revient bientôt,  le tête dans les peloches, les pieds dans les bédés, les mains autour du cou du bon goût.

Dr.Julian

octobre 17th, 2008 Non classé 0 Comment

Postal. La pire adaptation par le pire réal du pire jeu du monde. Forcément mortel

Cet article est sponsorisé par Familles de France.

En ces temps de course à l’ultraviolence graphique, il est un jeu vidéo qui enfonçait un peu plus le clou il y a quelques années. POSTAL 2, la plus grande tranche grasse de violence gratuite et de nihilisme poilant. Incarnant un pauvre rouquin trash dans une ville peuplée de freaks et de rednecks, le joueur voyait la semaine de son personnage le “Postal Dude” de dérouler de façon totalement chaotique quand bien même il ne s’agissait que de remplir des taches de la vie quotidienne. Exemple : Vous allez rendre un livre à la bibliothèque “Joseph Mc Carthy”, vous devez faire faces à des hordes d’activistes Anti-Livres armés jusqu’aux dents. Vous allez chercher du lait chez l’arabe du coin, une horde de nénéttes en mini jupe et voilées vous braquent en hurlant “Allah Akbar”. And so on…

Le jeu fut bien entendu interdit en Europe
de par l’action de lobbys conservateurs comme FdF, effrayés à l’idée que, à l’instar du jeu, leur enfants ne décident d’empaler leur chat sur leur fusil à pompe afin d’étouffer le bruit de la détonation lorsqu’ils abattront le livreur de lait. Si, Si…

Et il fallait un réal burné pour porter à l’écran cette portnawakerie sous éther,
a priori, inadaptable. Et, sans surprise, le projet tomba entre les mains du seul réalisateur qui défie ses détracteurs à un combat de boxe, celui qui a eté élu à maintes reprises Pire Réalisateur du Monde, celui qui fait l’objet d’une pétition visant à l’interdire de faire des films : le grand UWE BOLL. Champion toutes catégories du navet inqualifiable, spécialisé dans les adaptations névrotiques et totalement foirées de jeux vidéos.

Histoire de coller un scénario au bordel,
le Postal Dude, à la rue, monte une combine avec son oncle Dave, gourou d’une secte hippie christiano-apocalyptique, afin de rafler une cargaison de poupées en forme de paire de burnes afin de les revendre à prix d’or. Confrontés à une armée de talibans menés par Ben Laden, ayant planqué le virus du H5N1 dans les poupées, les deux loosers s’aident d’une armée de bombasses flanquées d’un brassard nazi et d’un paquet d’énormes guns improbables.

MAIS SI CA SE TIENT !

Postal est donc une heure et demie de portnawak salutaire, totalement irrévérencieux, tirant sur tout ce qui bouge et filant un bon coup de pompe dans les glaouïs de la bienséance américaine. Gags sur le onze septembre, scène finale très gay entre George Bush et Ben Laden, meurtres d’enfants à la pelle, bref, la bonne surprise qu’on attendait certainement pas de Uwe Boll qui trouve avec Postal, le bon terrain pour ses effusions dégoulinantes de mauvais gout.

Mirrors. De l’art de NE PAS endormir avec une histoire de fantômes

Petit précis de parti pris : les films de fantômes, c’est chiant. C’est trés chiant. C’est définitivement chiant parce que trop codé, donc trop prévisible, donc trop inefficace, donc trop chiant. Et rajoutez à cela un style de réalisation asiatique tombant dans le contemplatif aussi facilement qu’un cadre japonais dont on a baissé le salaire tombe d’un building et vous obtenez la crème d’un ciné de genre totalement soporifère, irrémédiablement lent et vain et surtout absolument chiant. Ring, Fragile, Les Autres, Sixième Sens et j’en passe.

Le film de fantôme est donc plombé par des codes gravés dans le marbre, auxquels on ne touche sous aucun pretexte de peur de se manger un PG-13 dans la tronche et de ne jamais voir son film sortir en salles. Dans un film de fantômes, il ne se passe donc rien scénaristiquement parlant. Rien de rien. Alors evidemment, il faut en faire des tonnes pour masquer tout ça, 500 violons à se faire suicider Penderecki écorchés en même temps au moindre flapissement de rideau, panoramiques brisant le mur du son a 180° pour aboutir sur une porte entrouverte, BREF. Filmer du néant est devenu un genre dans lequel certains, paraît t’il, excellent. (Mais on ne touche pas a Kurosawa.)

Et s’il est donc bien une personne a laquelle personne n’aurait pensé pour remaker “Into The Mirror” film de fantôme coréen (=lent et contemplatif pour les retardataires) c’est bien notre Alexandre Aja national. Réalisateur du ultra-sauvage, ultra-gore, ultra-violent (et en pleine crise d’epilepsie aprés une overdose de cocktail Guronsan-Napalm) remake de La Colline A Des Yeux.

C’est désormais chose faite avec “Mirrors”, fucking-allelujah, avec son goût pour  le gore et le découpage rentre-dans-le-lard, Aja a réussi à me tenir en haleine, une heure cinquante durant avec une histoire d’ectoplasmes prisonniers de miroirs dans un ersatz d’Overlook calciné.

MIRRORS EST HARDCORE! là ou le genre qu’il aborde est habitué à nous jetter une goutte de sang par heure de film diluée avec moult “Scare-Jumps” totalement prévisibles ça et là, Aja ne relâche jamais la pression, pas une minute. Evidemment forcé d’obéir à certains clichés du genre, le français nous en balance tellement plein la gueule, qu’on en oublierait presque le théâtre réchauffé et gothico-poilant qu’est le **Mayflower**. Conscient que son film serait probablement affublé d’un “Rated R”, Aja nous livre des scènes gore, perturbantes, le genre de scène qu’on devrait voir aprés chaque exploration d’un couloir sombre pendant 10 minutes, tous violons dehors, par une midinette californienne, scènes se terminant invariablement sur du néant absolu.

Et c’est clairement cette classification “R” qui distingue Mirrors de ses prédécesseurs, car elle permet au réalisateur de réellement donner une consistance a son propos horrifique, une crédibilité, quelque chose de flippant quoi, plutôt que d’un canevas vide et terriblement morne comme nous le pondait Amenabar avec son affligeant “Les Autres”. Car, la représentation du mal ou de la mort, par définition, invisible qu’est le fantôme, est souvent prisonnier d’un schéma archétypal d’âme tourmentée mais envers laquelle, le spectateur finira par éprouver de la compassion, ôtant au fantôme toute possibilité de perpétrer des actes trop cruels, piège qu’évite avec brio Mirrors, qui revient en grandes pompes au film de fantôme qui te fait flipper ta mère.

Trailer “Rated R”

[Jeu] : The Suffering : Ties That Bind

Imaginez les types de Remedy fonçdés à l’ether coupé a la poudre à canon obligeant Clive Barker a pondre un design de jeu vidéo, le couteau sous la gorge aprés s’être partouzés dans le sang d’un millier de vierges et vous aurez une petite idée de ce que donne The Suffering : Ties That Bind sorti en 2005.

Vous incarnez Torque, un repris de justice dément et psychotique évadé de prison aprés avoir assassiné ses deux gosses, ou un truc dans le genre, je zappais les cinématiques tant les monstres qu’on me donnait à charcler ensuite me faisaient me jouir dessus. Aprés vous être évadés de la prison de Baltimore envahie par des créatures ressemblant a des rejetons des Cénobites d’Hellraiser, vous êtes de retour dans votre quartier totalement dévastés par l’invasion de ces monstres Barkeriens.

Et pour une raison scénaristique dont la finesse m’échappe, votre perso à la capacité de se changer en créature ultra-venère de deux mètres de haut, des lames en lieu et place de ses bras, capables d’embrocher six démons au moindre éternuement. Le gameplay, a la troisième personne (jouable a la première mais beaucoup moins interessant) se révèle totalement bourrin et jouissif a coups d’explosions de démons-junkies au double fusil a canon scié, ou au découpage d’innocents (et même de bébés ! joie) a la hache d’incendie

Ce qui fait l’originalité du jeu réside dans son côté pseudo-malsain complétement over-the-top, n’hésitant pas a verser dans le craspec qu’on ne penserait jamais voir édité sur console. Mettant le héros en situation de dézinguer tout un immeuble d’accros au crack avec quelques flashs d’images flippantes a chaque fois que vous charcutez un innocent, faisant apparaitre le “Dr.Evil” de service, modelisé et doublé avec pour modèle le grand Vincent Price, a chaque coin de ruelle, bref, préferez le jeu en plein jour, les fenêtres grandes ouvertes.

Pour résumer, The Suffering : Ties That Bind : c’est décérébré, con, gore, violent, malsain, flippant, ça en fait des kilotonnes, mais bordel, qu’est-ce que c’est fun

Trailer :

septembre 16th, 2008 Non classé 0 Comment