Top 5 des albums en boucle ce mois-ci.
Une fois n’est pas coutume, lecteurs sporadiques et adorés, dérivons de nos perégrénations bisseuses et/ou masturbatoires habituelles et collons un coup de batte dans la lentille de notre platine CD, abandonnée depuis longue paye au profit du monstre Deezer piaillant dans les enceintes bon marché de votre ordi portable. Mon boulot de chargé de clientèle au sein de la machine à fric dont je tairais le nom (mais pas les initiales : F.N.A.C) me laisse bonne marge de loisirs musicaux, l’écouteur dans l’oreille gauche, le client venère dans la droite, dont je vous fait part aujourd’hui dans un résumé des cinq albums, récents ou poussiéreux, à flanquer d’office dans votre lecteur.
N°5 : Fantômas : The Director’s Cut. (2001)
Le toujours trés prolifique Mike Patton dézingue, au sein de Fantômas, quelques un des thèmes de films ayant marqué Hollywood au fil des années. Un paquet de scores cultes passent à la moulinette, du Parrain à Rosemary’s Baby en passant par The Omen et La Nuit Du Chasseur, on zigue-zague allègrement entre l’expérimental minimaliste d’un Slow Six et la noise analogique de Naked City. Un hommage brouillon et sincère, fidèle à son instigateur mais qui reste un album trés accessible pour ceux à qui les noms Tomahawk et Mr.Bungle n’évoqueraient encore rien. (http://www.deezer.com/#music/album/8277)
N°2 : …And You Will Know Us By The Trail Of Dead : Source Tags and Codes (2002)
Bien qu’une quinzième écoute de l’album phare de …Trail of Dead soit à mon sens nécessaire pour prendre entièrement la mesure (dans la tronche) de ce monument d’équilibre et de rage contenue, la première impression peut laisser une impression de déja-entendu. La réaction la plus fréquente des badauds à qui j’ai pu conseiller l’album se cantonnant à “c’est quoi ce groupe d’émos post pubères”. Je vous invite à laisser hêler la meute et à vous pencher sur Source, Tags and Codes, album qui ne cogne jamais ou on l’attend, c’est à dire quelque part entre punk-rock et post-hardcore. Onze morceaux parfaitement échafaudés, fignolés à l’extrême, maniant l’art de la rage et de la manière de la sortir. Micros de guitares étouffés, tomes et cymbales réfrénés, basses lourdes et voix lancinante se relayant lors d’acmés épiques mais étouffants. A apprécier le soir, sans rien faire d’autre. (http://www.deezer.com/#music/album/245434)
N°3 : The Nightshade Family : Helping Hands
Trouvaille Myspace, The Nightshade Family nous sert un “Denver Sound” (mélange de Cold-Folk et de Bluegrass) éraillé a grands renforts de pianos plaintifs et de Banjos lents pour un résultat pas forcément aussi fin qu’un Woven Hand  mais simple et fluide, affichant volontiers ses penchants Cold Wave poisseux pour les mêler à une country mélancolique de fin de soirée dans un rade du Kentucky. (http://www.myspace.com/thenightshadefamily)
N°2 : Bloodhound Gang : Hooray for Boobies. (1994)
Bon, celui là tourne dans le walkman/platine/iTunes depuis une bonne année, ressortir les diamants bruts de la mare de boue est toujours jouissif. Parmi la foule des autres groupes punk-rocks potaches ayant frayé leur chemin jusqu’en Europe (Blink 182, Sum 41), Bloodhound Gang, ne jouissant d’une véritable notorieté qu’aux US, est de loin le plus jouissif. Riffs agressifs, clips outranciers, textes totalement fendards (”Ballad of Chasey Lain”, lettre d’amour à une actrice porno), Skits dégueulasses (”Diarrhea runs the family”, “A Lap Dance Is So Much Better When The Stripper Is Crying”) et les refrains les plus accrocheurs de la decennie dont seul “The Bad Touch” est parvenu jusque nos vertes contrées. A se farcir absolument avant, vous aussi, de chanter à voix haute dans le métro que vous crevez d’envie de bouffer le cul de Chasey Lain. (http://www.deezer.com/#music/album/126444)
N°1 : Giant Sand : Glum (1994)
Dans mon Top 5 depuis et pour un bon moment, l’album de 1994 de Giant Sand est de loin, le plus abouti de groupe. Avant de se lancer dans l’Americana réchauffée, la bande d’Howe Gelb nous pondait ces 11 titres folk-noise durs comme la roche. Entamant ses morceaux par des gimmicks d’arpèges lourds réverbérés et se perdant dans des envolées dronesques (”Happenstance”, “Glum”) ou torturant à la sauce mineure les archétypes de la bonne vieille balade country (”Yer Ropes”) la constante de Glum reste toujours de massacrer les canons de l’Americana duquel il se revendique pour en tirer un résultat rugueux et desespéré. Le silence suivant Glum est angoissant et poisseux, le reste de la carrière de Giant Sand est conformiste. Et poisseuse. (http://www.youtube.com/watch?v=UIHkQxfWBVc)











